On se tourne souvent vers cette méthode quand on veut mettre en place des parterres sans trop forcer sur les bras. Et pour cause : plus simple, on ne fait pas ! C’est la technique que j’ai choisie pour notre potager. Entre la ferme d’animation et nos quatre petites princesses à la maison, chaque minute compte… De mon point de vue, c’est l’une des meilleures variantes pour démarrer un jardin en permaculture.
Les avantages du paillage permanent
Cette méthode inspirée de la permaculture offre de nombreux bénéfices :
- Elle permet un défrichage sans labour, en douceur.
- Elle réduit fortement le besoin de désherbage : fini les heures à genoux à arracher les indésirables !
- Elle limite l’arrosage : l’humidité reste piégée sous le paillis, ce qui est un objectif clé en permaculture.
- Elle enrichit naturellement le sol en matière organique.
- Elle favorise une vie souterraine dynamique, notamment une belle population de lombrics qui aéreront et fertiliseront votre sol.
Mise en place pas à pas
- Délimitez vos planches de culture, idéalement d’environ 80 cm de large, pour pouvoir atteindre le centre sans marcher dessus. Tracez aussi les allées.
- Vous pouvez encadrer les planches avec des planches de bois, des branches, ou des poteaux.
- Si vous n’avez pas tout le matériel pour le mulch, commencez simplement par tondre l’herbe sur vos futures planches. Gardez cette tonte précieusement, elle vous servira juste après.
Ensuite, passez à l’étape du paillage :
- Posez une couche de carton non imprimé (sans scotch ni plastique) sur la surface. Humidifiez-le généreusement pour qu’il soit bien souple.
- Recouvrez le carton d’une couche d’herbe fraîchement tondue.
- Ajoutez par-dessus au moins 10 cm de foin. Je recommande le foin plutôt que la paille, car il est plus nutritif et surtout, la paille bio est très difficile à trouver.
Les différents types de paillage
Il existe plusieurs matériaux pour pailler efficacement, selon les saisons, les cultures, ou les ressources disponibles :
Paillis organiques (biodégradables) :
- Foin : riche et nourrissant, idéal pour les potagers vivants.
- Paille : plus sèche, elle se dégrade lentement et protège bien du froid.
- Tonte de gazon : azotée, efficace en fine couche bien sèche.
- Feuilles mortes : parfaites à l’automne, elles apportent de l’humus.
- Compost demi-mûr : fertilisant et structurant.
- BRF (bois raméal fragmenté) : très intéressant pour les arbres, arbustes et cultures pérennes.
- Écorces, copeaux de bois : durables, mais à réserver plutôt aux allées ou aux massifs.
- Laine brute de mouton 🐑 : excellente en permaculture, elle retient très bien l’humidité, limite les adventices et se décompose lentement en nourrissant le sol. Idéale autour des plantations vivaces et comme couverture thermique en hiver. Attention à ne pas l’utiliser en couche trop épaisse, au risque de créer une barrière étanche.
Paillis minéraux (non biodégradables) :
- Graviers, pouzzolane, ardoise : utiles pour les plantes méditerranéennes, en pots ou dans les régions sèches.
- Toile tissée ou géotextile : efficace contre les herbes, mais peu permacole et empêche la vie du sol.
Chaque type a ses avantages. En permaculture, on privilégie les paillis organiques, qui nourrissent le sol et s’intègrent dans un cycle naturel.
| Type de paillage | Avantages | Inconvénients | Usages recommandés |
|---|---|---|---|
| Foin | Riche en nutriments, retient bien l’humidité, facile à trouver | Peut contenir des graines, se dégrade assez vite | Potager, massifs, permaculture |
| Paille | Propre, protège du froid, se dégrade lentement | Peu nutritive, difficile à trouver en bio | Potager, fraisiers, cultures annuelles |
| Tonte de gazon | Très riche en azote, valorise les déchets verts | Fermente s’il est appliqué en couche épaisse, attire les limaces | En fine couche ou séché, en complément d’un autre paillis |
| Feuilles mortes | Apporte de l’humus, facile à trouver | Peut coller au sol, se décompose lentement | Sous les arbres, en automne, pour couvrir les allées |
| BRF (bois raméal fragmenté) | Structure le sol, favorise la vie microbienne | Décomposition lente, vole facilement par vent | Arbustes, fruitiers, cultures vivaces |
| Écorces / copeaux de bois | Durable, esthétique, limite les mauvaises herbes | Peu nutritif, peut acidifier le sol à long terme | Massifs ornementaux, allées |
| Compost demi-mûr | Très nutritif, favorise l’activité biologique | Peut attirer les insectes ou rongeurs s’il est trop frais | Légumes gourmands, préparation de planches de culture |
| Laine de mouton brute | Excellente rétention d’eau, se décompose lentement, isole du froid | Od |
Planter ses légumes dans le mulch
Après environ une semaine, le temps que le sol commence à travailler sous le paillage, vous pouvez passer à la plantation.
En permaculture, on plante dense, mais pas trop non plus. Visualisez la taille adulte de vos légumes pour respecter les espacements :
- Les choux ont besoin de 40 cm d’écart entre chaque pied.
- Les salades, environ 30 cm suffisent.
Pour planter :
- Écartez le paillis et percez le carton humide.
- À l’aide d’un plantoir à bulbes, creusez un trou.
- Déposez dans le fond une cuillère à soupe de poudre de roche et une autre de copeaux de corne, pour une fertilisation naturelle.
- Installez le plant, recouvrez avec la terre extraite, tassez légèrement, puis arrosez copieusement.
- Enfin, remettez du foin ou de l’herbe autour de chaque plant pour maintenir l’humidité.
Le paillage, c’est un peu comme mettre une couette sur le sol : il le garde au chaud, au frais, nourri et vivant. Une méthode simple, économique et redoutablement efficace !
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