Dans un monde en quête de durabilité, la permaculture fait rêver. Mais peut-elle aussi nourrir son paysan ?
La permaculture, contraction de « permanent agriculture », séduit de plus en plus de porteurs de projets agricoles. Inspirée des écosystèmes naturels, elle promet des cultures résilientes, une autonomie alimentaire et énergétique, et une harmonie avec le vivant.
Mais au-delà de l’idéal écologique, une question revient : est-ce économiquement viable ? Peut-on vivre de la permaculture ?
Les racines de la permaculture
La permaculture s’inspire fortement des lois du vivant et des écosystèmes naturels. L’un des pionniers de cette approche est Masanobu Fukuoka, agriculteur japonais visionnaire, connu pour sa philosophie du « non-agir » et ses techniques de culture sans labour, ni intrants chimiques.
👉 Pour mieux comprendre les origines philosophiques de la permaculture, lisez cet article de La Ferme Vagabonde :
Les débuts de la permaculture par Masanobu Fukuoka
Rentabilité : de quoi parle-t-on ?
Quand on parle de rentabilité, il est important de définir les critères :
- Un revenu permettant de vivre décemment ?
- Un retour sur investissement sur quelques années ?
- Une activité soutenable socialement et écologiquement, mais aussi financièrement ?
La permaculture privilégie une vision holistique, mais cela n’exclut pas la nécessité d’un équilibre économique.
Les atouts économiques d’une ferme en permaculture
- Faibles intrants : peu ou pas de produits chimiques, d’engrais industriels, ou de semences hybrides.
- Diversification des activités : cultures, petits élevages, formation, transformation, ateliers pédagogiques, etc.
- Vente directe : circuits courts qui améliorent la marge et créent un lien fort avec les consommateurs.
- Investissements progressifs : développement par étapes, donc moins de dettes initiales.
Les limites et les défis
- Beaucoup de main-d’œuvre : un système intensif et diversifié nécessite du temps et de l’énergie.
- Montée en puissance lente : plusieurs années peuvent être nécessaires avant d’obtenir un revenu stable.
- Dépendance au tissu local : un marché de proximité réceptif est souvent essentiel.
- Multitâches : il faut savoir produire, vendre, communiquer, gérer, etc.
Étude de cas : la Ferme du Bec Hellouin

Un exemple concret souvent cité est celui de la Ferme du Bec Hellouin, en Normandie.
Une étude menée par l’INRAE et AgroParisTech de décembre 2011 à mars 2015 sur environ 1 000 m² de micro‑maraîchage intensif (dont près de 40 % sous serre) a mis en évidence les performances économiques suivantes :
- Revenu net généré : entre 33 000 € (en 2013) et plus de 55 000 € (en 2015) pour une surface de seulement 1 000 m²
- Revenu équivalent à un SMIC, sans subventions agriculturelles .
- Système sans mécanisation lourde, basé sur le travail manuel, la rotation, les cultures associées, et la vente directe en circuits courts .
Lien vers le rapport officiel de l’étude (PDF hébergé par INRAE)
En résumé : oui, mais…
✅ Oui, une ferme en permaculture peut être rentable, à condition d’être bien conçue, adaptée à son contexte et portée par une démarche entrepreneuriale rigoureuse.
⚠️ Mais, ce n’est ni facile ni rapide : c’est un projet de vie exigeant, requérant compétences variées, patience, implication, et souvent un complément de revenus en phase de démarrage.
Et vous ?
Avez-vous un projet de ferme en permaculture ? Vous vous interrogez sur sa viabilité économique ? Partagez vos retours d’expérience, conseils ou questions en commentaire !
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J’ai une ferme en permaculture, ce qui me permet d’être à l’équilibre c’est de faire de l’accueil de public en plus de la vente de mes produits agricoles.
Bon courage à vous. Si vous avez un site internet ou blog, je vous permets de mettre le lien en commentaire
J’aimerai m’installer d ici 2/3 ans max , je pars en formation Capa horticulture en septembre … c est l achat du foncier qui va poser problème je pense
Bonjour Audrey,
Bravo pour ton projet et ton engagement ! La formation CAPA horticulture est une excellente base pour acquérir des compétences solides. Concernant l’accès au foncier, tu n’es pas seule à rencontrer cette difficulté : beaucoup de porteurs de projets en permaculture ou en maraîchage y sont confrontés.
Quelques pistes qui pourraient t’aider :
Les coopératives d’installation et foncières citoyennes (comme Terre de Liens) peuvent accompagner à trouver et sécuriser des terres.
Le portage temporaire (par bail ou mise à disposition) permet parfois de se lancer avant d’acheter.
Les partenariats locaux : certaines communes mettent à disposition des terrains en friche pour des projets agricoles durables.
Diversifier les revenus (ateliers, accueil pédagogique, transformation, vente directe) aide souvent à atteindre l’équilibre économique, même sur de petites surfaces.
N’hésite pas à échanger avec des réseaux locaux (AMAP, CIVAM, réseaux permaculture) pour créer des contacts et repérer des opportunités. Ton enthousiasme et ton projet ont déjà beaucoup de force !
Bon courage pour la suite, et tiens-nous au courant de ton installation 🌱