La Chèvre des Fossés fait partie de ces races discrètes, longtemps oubliées, mais profondément enracinées dans l’histoire rurale française. À la fois rustique et attachante, cette chèvre incarne le bocage et les haies, vestiges d’un mode de vie paysan désormais rare. Elle était l’animal des petites fermes ; modeste, mais précieux. Aujourd’hui, elle renaît grâce à des éleveurs passionnés, convaincus qu’elle représente un véritable patrimoine vivant.
Une chèvre héritière du bocage
La Chèvre des Fossés trouve son nom dans les fossés, talus, haies et chemins du bocage normand (et plus largement du Grand Ouest). Pendant des siècles, elle a évolué là où d’autres ne pouvaient pas : prairies humides, talus arbustifs, lisières de bois. Elle profitait d’un milieu varié et modeste, capable de valoriser les zones abandonnées ou marginales.
Une race ancienne… presque disparue
Au XXᵉ siècle, avec la modernisation agricole, la disparition progressive du bocage, l’abandon des petits élevages familiaux, la Chèvre des Fossés est entrée dans une période critique. Son effectif s’est effondré : dans les années 1990, on ne recense plus qu’une poignée d’individus porteurs du phénotype d’origine.
Face au risque d’extinction, des passionnés, éleveurs et naturalistes, se mobilisent. En 2007 est fondée l’Association de Sauvegarde et de Promotion de la Chèvre des Fossés (ASP), afin de recenser, préserver, et promouvoir la race.
Aujourd’hui, grâce à ces efforts, la race a été reconnue officiellement et un cheptel renouvelé est en cours de reconstitution.
👉 Pour en savoir plus, découvrir la mission de sauvegarde, les contacts ou adhérer : Site de l’ASP Chèvre des Fossés
Portrait d’une chèvre pas comme les autres
La Chèvre des Fossés affiche un charme rustique et authentique :
- Taille modeste, ossature fine mais solide.
- Robe variée : noir, pie, bringé, gris, tacheté, chaque individu est unique.
- Souvent munie de cornes, parfois modestes, parfois imposantes selon l’individu.
- Poil mi-long, généralement dense, adapté aux étés humides et aux hivers doux de l’Ouest.
- Oreilles dressées, regard vif, allure alerte.
Son physique modeste cache un tempérament résilient et adaptable : une chèvre capable de vivre dans des milieux humides, de brouter des arbustes ou des haies, et de valoriser des zones abandonnées.
Une chèvre rustique, utile et écologique
La Chèvre des Fossés est un exemple parfait de rusticité : elle supporte l’humidité, broute les broussailles, haies et friches, et demande peu de compléments alimentaires.
C’est pourquoi elle est particulièrement adaptée à l’écopâturage et à la gestion écologique des milieux : talus, fossés, zones en jachère, bordures de haies , des habitats parfaits pour elle, et précieux pour la biodiversité.
D’ailleurs, le rôle des animaux rustiques comme la Chèvre des Fossés dans la protection des écosystèmes est bien décrit dans un excellent article :
👉 Comment le pâturage extensif protège biodiversité et écosystèhttps://lafermevagabonde.com/comment-le-paturage-extensif-protege-biodiversite-et-ecosystemes/
Ce lien montre comment, par simple pâturage modéré, ces animaux peuvent maintenir des milieux naturels ouverts, favoriser la biodiversité, et prévenir l’enfrichement.
Une production modeste mais authentique
La Chèvre des Fossés n’est pas une race de rendement. Son lait n’est pas destiné à la production industrielle, mais il reste :
- riche, parfumé, idéal pour un usage familial ou artisanal.
- très apprécié pour des fromages faits maison, des faisselles, des produits fermiers locaux.
Pour les éleveurs soucieux d’authenticité, d’autonomie et de respect du terroir, c’est un atout précieux.
Une mère attentive, une reproduction simple
Les chevreaux naissent sans complication, souvent vigoureux. Les mères sont attentives, et l’élevage, sans exigence technique lourde, reste accessible.
C’est une race idéale pour les amateurs, les petits élevages ou les projets d’élevage respectueux de l’environnement.

Pourquoi la sauvegarder ?
Préserver la Chèvre des Fossés, c’est bien plus qu’élever un animal : c’est sauvegarder une diversité génétique, un savoir-faire local, un patrimoine paysan, une façon de vivre en harmonie avec les milieux.
C’est aussi donner une valeur réelle à l’écopâturage, à la gestion douce des terres, à la biodiversité, à la transmission d’un lien ancien entre l’homme, l’animal et la nature.
Conclusion : un petit chevreau, un grand héritage
La Chèvre des Fossés est modeste, mais elle a du caractère. Elle incarne la ruralité douce, la simplicité, la résilience.
Voir un troupeau broutant le long d’un talus ou dans un fossé, c’est percevoir un fragment d’histoire, un écho d’un autre temps, un engagement pour l’avenir.
Grâce aux efforts actuels de sauvegarde, d’élevage et de sensibilisation, cette chèvre oubliée a une chance réelle de survivre ; et de nous rappeler l’importance de la diversité, de l’authenticité, et d’un lien humble mais profond à la terre.
En savoir plus sur La ferme vagabonde
Subscribe to get the latest posts sent to your email.

